A découvrir
à la ferme Fauquenoy
Alain Minet peintre du cru
Pour Alain Minet, les rues de Montmartre lui
rappellent bien des couleurs bien des odeurs.
En cinq ans de temps, peindre est devenu une véritable drogue pour Aiain Minet, un Sainghinois qui exposera dimanche, en solo et pour la première fois dans sa commune. C'est à son retour de Paris que notre amoureux de la nature, mais aussi des petites rues de Montmartre, a commencé à toucher au pinceau. Ses premiers tableaux peints à la gouache étaient de petite taille. Des amis lui ont suggéré : « Pourquoi n'essayerais-tu pas l'huile ? ». Aussitôt dit, aussitôt fait mais le résultat ne donna pas grande satisfaction à Alain Minet.
Comme il n'était pas du genre à se décourager, il se mit alors à plancher, à étudier les techniques dans les livres. Cette fois, la réussite était au bout du pinceau. Maintenant, et en dépit d'un travail par poste en milieu pénitentiaire, Alain Minet passe en moyenne quatre heures par jour devant son chevalet. Pour lui, il n'est pas question d'oeuvrer moins.
Un amoureux de !a nature
« J'adore la nature ! »... Alain Minet le clame comme une ode à la joie. Pratiquement dans toutes ses peintures il y a au moins un arbre. Et notre peintre d'expliquer : « C'est important la nature. C'est une façon de vivre, une qualité de vie. »
Alain Minet aime travailler à partir de souvenirs. Ses paysages, pour la plupart, sortent de son imagination. « Néanmoins, il y a le souvenir du vécu » explique le peintre, « de quelque chose qui m'a plu, dans les fleurs, dans le calme de la nature ».
Quand Alain Minet commence une toile, c'est toujours en fonction d'un p'tit coup de coeur.
Les toiles, maintenant nombreuses, ont étonné plus d'un et notamment Charles, un artiste qui vit de sa peinture. Celui-ci a été surpris de voir la façon dont progressait notre Sainghinois.
Plus d'une satisfaction attendit le nouveau peintre, membre de l'association Nord-promotion loisirs.
L'an dernier, Alain Minet remporta la médaille de bronze décernée par l'Académie littéraire et artistique de France, à Nogent. Quatre-vingt concurrents étaient en lice.
Faire respirer sa toile
Alain Minet ne se contente pas de camper un décor agréable à l'œil. Sa démarche est de faire ressentir aux gens ce qu'il a ressenti sur les lieux : « C'est comme un besoin d'exprimer ce qui est au fond de moi. Parfois, ce n'est plus moi qui peint, ce sont mes mains. Je suis com-plàtement déconnecté »... En tout cas pas de la nature, celle là même qu'il veut presque rendre réelle dans ses toiles : village de l'Ain, marines qui nous apportent l'iode de Wissant, effervescence des bistrots de Montmartre dont les couleurs ne nous lasse pas de la place du Tertre (lieu privilégié des peintres) et de ses environs.
A vouloir faire respirer ses toiles, Alain Minet en arrive à toujours se mettre un point d'interrogation dans l'esprit ; il lui arrive d'ailleurs de revenir sur un même souvenir et de donner au village qu'il prise différents aspects. Soleil du matin n'est pas soleil du soir. C'est pourquoi le ton employé différera suivant l'effet à donner. Le jaune japonais citron donne la lumière vive matinale. Le jaune japonais moyen le voile rosâtre des fins d'après-midis.
Et puis, quand Alain Minet ne trouve pas de suite la réponse à la question qu'il se pose, il passe un moment devant sa toile de maître préférée. Il s'agit d'une maison flamande peinte au coucher du soleil que l'on devine à travers lés petits carreaux de la fermette. Ce « rustique » flamand, Georges Hippolyte Dilly, peintre tourquennois plusieurs fois primé au début du siècle, nous l'offre à travers des touches impressionnistes.
Des projets dans la tête
D'interrogations en interrogations, Alain Minet ne « chôme » pas. A tel point qu'il nourrit déjà bien des projets pour une future exposition, d'ici quelques mois. Peut-être au printemps prochain. Son grand souhait est de consacrer toute une série de toiles aux vieux métiers. Là encore, les souvenirs reviennent au grand galop. Il est fort probable qu'il nous fasse jouer le limonaire (joueur d'orgue de Barbarie) et nous ramène des échos de quartiers de Paris. Et puis, il n'oubliera pas non plus, la fervente tricoteuse observée il y a quelques temps : « Je me souviens de cette scène : la dame tricotait du bout des doigts ; on aurait dit que ses aiguilles volaient ».
Pour Alain Minet, chaque détail a son importance. Cela permet de faire redécouvrir à chacun divers aspects de la nature même dans des cadres urbanisés. Notre peintre sainghinois ajoute l'argument suivant : « Certaines maisons à Lille sont pittoresques, mais à force de passer devant, on ne les voit plus». Est-ce à dire que la toile fait qu'on attache un regard moins empressé au site. Sûrement oui I En tout cas, souhaitons que les Sainghinois viennent, ce dimanche à la ferma
Fauquenoy, donner tous les encouragements à leur concitoyen qui, avouons-le, le mérite bien.
Odette LAVALLEZ
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